Fille, garçon, mais quelle importance ?

Suite au visionnage du passionnant documentaire La Domination Masculine (diffusé par Arte mais on peut le retrouver sur Dailymotion), je me suis fait la réflexion que les clichés étaient bien loin d’être abolis. Pire, les mentalités changent, mais si peu.

Lorsque j’étais enfant, j’étais un vrai garçon manqué (encore une expression clichée, comme si aimer jouer dehors et faire des cabanes sur les arbres étaient l’exclusivité masculine). Je détestais les robes et les poupées et ma grande passion, c’était patauger dans les ruisseaux, grimper aux arbres et embêter mes voisins (une vraie teigne, je l’avoue).

Jouer à la poupée, une horreur pour moi

J’ai eu de la chance : mes parents ne m’ont pas acheté la poussette de Bébé mais un garage avec des petites voitures, des lego et rien qui ressemble de près ou de loin à du rose. On m’a laissé vivre tranquille, sans se préoccuper si je devais jouer autrement, et à d’autres choses, puisque j’étais une fille. J’ai grandi et j’ai finalement changé de centre d’intérêts, mais j’ai toujours été fière d’avoir pu faire ce que je voulais sans m’attarder sur ce qu’on attendait de moi étant une fille.

Malgré tout, si les activités changent (à 20 ans, j’ose penser qu’on ne joue plus aux barbies), les attentes restent. Lorsqu’on me prévient gentiment que les petits enfants, ils n’en veulent pas tout de suite, je rassure mes beaux-parents en leur avouant qu’il n’en auront probablement jamais. Et là, peu importe mon interlocuteur, j’ai droit au petit sourire en coin moqueur et la fameuse phrase qui me fait hérisser mes poils : tu changeras d’avis. Parce que je suis une femme, je vais vouloir ABSOLUEMENT des enfants ? Et pourquoi ne ressortent-ils pas la même rengaine à mon petit ami ? Parce que c’est un homme, il n’a pas ce besoin irrépressible de pouponner ?

Etrangement, cette photo ne me fait pas rêver

Pourquoi doit-on nous ranger dans des cases en fonction de notre sexe biologique ? Quel importance qu’une petite fille joue à la guerre et un petit garçon imite maman en repassant (soit dit en passant j’aimerais un jour qu’il imite papa…en repassant !). Pour exemple, mon neveu aime beaucoup les barbies. Mais il n’y a pas droit : non mais tu te rends compte, un garçon jouant aux poupées, c’est un coup à finir homosexuel ça ! Je caricature ? A peine.

Si l’on veut que les mentalités changent en étant adulte, pourquoi essayer d’arrêter de réduire nos enfants à un chromosome X ou Y ? Peut-être qu’il faudrait les laisser se diriger vers ce qu’ils aiment, au lieu de les forcer à choisir dans ce qu’ils sont destinés à aimer.

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11 réflexions sur “Fille, garçon, mais quelle importance ?

  1. Je pense qu’il y a une peur de la part de la société qu’elle soit déséquilibrée, que chacun ne soit plus à sa place et dans son rôle, donc finalement rompre des habitudes qui peuvent mener au désordre… et l’homme par essence n’aime pas le changement…
    Au final, ainsi on inhibe la personnalité et on manipule les goûts des enfants dès leur plus jeune âge…

    • Tout à fait d’accord, surtout sur l’équilibre… pourtant, ne serait-on pas gagnant à laisser les enfants décider ce qu’ils aiment ? Ils seraient peut être plus épanouis (notamment en faisant des activités qu’ils apprécient, quelle importance si un garçon veut faire de la danse ?).

      • je suis d’accord avec toi, je pense qu’on devrait être + libre de faire ce qu’on veut selon les goûts, mais la société est tellement jugeante, regardante, qu’au final elle nous bloque et modifie nos goûts… c’est dommage… petite j’aurais bien aimé faire du karaté mais la bagarre était considérée comme « garçon » à la maison, donc sport réservé à mon frère…

    • Toi aussi ? Je me sens moins seule ! Comme si on n’avait pas réfléchi à la question et qu’on était trop immature pour assumer un choix… Bon ok, on est jeune mais ça ne nous empêche pas d’avoir des idées auxquelles on a réfléchit.

  2. Raaah, ça me fait un peu penser à un documentaire, Identités Remarquables, qui questionnait très justement la question du genre, au travers notamment du prisme de la transexualité. Et je suis bien d’accord avec ton propos, ce n’est pas une histoire de chromosomes qui font une personnalité (dit la fille qui s’énerve dès qu’on lui parle concept de sensibilité/virilité ^^).

    Quant aux enfants, c’n’est pas pour rien qu’on a dû inculquer la notion d’amour maternel au début du 20eme siècle.. même si c’est effectivement toujours ennuyant d’avoir un regard d’incompréhension semi-amusé quand tu expliques que tu n’aimes pas ça et que tu n’en veux pas.

    • Quand j’aurais fini le documentaire de La Domination Masculine, je regarderais celui-ci ;:) (il était passé à la télé il y à quelques mois non ? Me demande si je ne l’avais pas déjà vu).
      Comme si une femme aimait obligatoirement les enfants… (bon, je les aime beaucoup. Mais avoir les miens est juste irréaliste). Ne peut-on pas avoir d’autres projets/centre d’intérêt que vouloir pouponner à tout prix ? Surtout quand je vois des documentaires sur la bataille que ça peut être (stérilité notamment). Mais je m’égare…

  3. C’est surtout une question de genre plutôt que de sexe de l’enfant. La société (dont nos parents font partie et tes beaux-parents aussi) ont complètement intériorisé certaines images du rôle de la femme et celui de l’homme, y compris dans la domination de l’un par rapport à l’autre. Les femmes en viendraient même à réclamer ce rapport de domination tellement elles y sont habituées d’après Pierre Bourdieu. C’est vraiment super que tu aies eu des parents qui te laissaient jouer aux jeux qui te plaisaient mais au final, tu t’es quand même tournée vers des activités plus « féminines », qu’on attend plus de femmes que d’hommes. J’ai récemment lu un chapitre d’un livre de sociologie qui m’a beaucoup plus et qui parlait de la différence des tâches ménagères accomplies par la femme et par l’homme ou encore du choix des études opéré par les femmes et les hommes. Tout se joue dès l’enfance et l’éducation: il y a plusieurs années, on inculquait encore des valeurs différentes aux petits garçons (courage, esprit de compétition, …) et aux petites filles (discrétion modestie, attention à porter aux autres,…) mais aujourd’hui ça change et l’éducation est faite de plus en plus de la même manière, peu importe le sexe.

    En tout cas, le chemin à parcourir est encore long pour changer les mentalités et je pense qu’il faut continuer de s’insurger et dénoncer ces attitudes si bien ancrées chez les gens.

    (pardon pour le pavé ^^)

    • Merci pour ton commentaire :) Tu soulignes l’éducation et tu as raison : on a tendance, par exemple, à pousser les garçons à faire de grandes études alors que c’est moindre pour les filles. Et les parents ne s’en rendent pas forcément compte…
      Pour ce qui est de changer les mentalités… oui, j’aimerais. Mais je me rends compte, de plus en plus, que ces idées sont ancrées et que les hommes comme les femmes n’y prêtent plus attention. Encore aujourd’hui, entendre Bérénice Bejo dire qu’une femme est meilleure infirmière qu’un homme, je trouve ça aberrant !

  4. On en a discuté un milliards de fois, et tu connais mon avis sur le sujet. Tu sais qu’il existe sur terre au moins une interlocutrice qui sait que tu ne changeras pas d’avis, parce que, justement, c’est TON choix. Pas celui de quelqu’un d’autre :).

    Bisous !!!

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