Ingrédients cosmétiques décriés : idées reçues (avec plein de silicones, SLS,…)

Après ce titre, probablement le plus long de l’histoire de ce blog, laissez moi vous présenter le sujet d’aujourd’hui : les ingrédients qu’on boude. Je lis parfois tellement de bêtises, à la fois dans les blogs ou les magazines, et j’entends parfois du vrai n’importe quoi. Ci-dessous petite liste non exhaustive des composants boudés – parfois à tort – et d’autres encensées – à tort parfois également. Petite mise au point.

Les parabens (hashtag tête de mort, tout ça)

Commençons par un sujet qui fâche. Probablement les ingrédients « problématiques » dont on parle le plus. Perturbateurs endocriniens démontrés par plusieurs études, ce qui pose problème c’est leur influence sur les hormones. Ils seraient responsables de cancers, notamment du cancer du sein (des traces de parabens ont été retrouvé dans les tumeurs – bref ceci n’est pas tellement mon rayon alors je te laisse le soin de t’informer dessus si tu le souhaites : l’observatoire des cosmétiques est parfait pour ça).

Comme je le disais, les parabens seraient cancérigènes. Mais surtout, ils ne sont PAS ALLERGISANTS. J’ai pu lire de nombreuses idioties : NON, les parabens sont très bien tolérés. Et c’est bien pour ça qu’ils étaient aussi utilisés ! Pratiques, peu chers et bien tolérés, la base pour les formulateurs.

Il semblerait également que ceux qui posent le plus problème sont ceux à longue chaine carbonnée – si tes notions de chimie date de plusieurs années, en gros les ethylparaben et methylparaben seront moins problématiques que propyl-butylparaben. Mais rien n’est prouvé.

ATTENTION : les produits « sans paraben » sont extrêmement à la mode. Parfois, le packaging a été revu (pompe = moins besoin de conservateur qu’en pot) ou d’autres conservateurs ont été rajoutés. Le phenoxyethanol semble poser problème mais le PIRE reste le methylisothiasolinone. FUYEZ A TOUT PRIX ! Il est extrêmement allergisant, vraiment problématique celui là.

Les silicones

Déjà, il en existe une multitude dont les propriétés diffèrent. Le cyclométhicone par exemple est très volatil : il ne reste pas. C’est lui qui servira à faire un mascara waterproof par exemple. Pour le reste, il faut savoir que ce sont des composants très polluants (ne se dégradent pas bien) et qu’ils faut bien les démaquiller… Sinon ils sont occlusifs. D’où le fait d’une routine sans silicone, notamment niveau capillaire.

Alverde, une marque silicone free

MAIS ils ne sont pas comédogènes (pour la plupart) : ils laissent passer la vapeur d’eau et sont moins occlusifs que les huiles minérales et que certains composants naturels (les cires, style cera bellina). Une routine visage sans silicone est super, mais ne garantit pas une peau zéro défaut !

La pierre d’alun

Qui peut être naturelle ou synthétique… Peu importe. Elle bloque l’écoulement normal de la transpiration : ce n’est donc PAS une alternative aux sels d’aluminium. C’est la même chose, en fait. Peu importe le greenwashing de certaines marques (tu as du voir cette merveilleuse pub à la télé qui vante les vertus naturelles de la pierre d’alun face aux sels d’alu…).

 

Les tensioactifs (SLS, ammonium lauryl sulfate,…)

Ce sont des agents lavants (utiles donc) mais certains sont bien plus détergents (donc irritants) que d’autres. Ils ne causent PAS d’allergies : ils sont « juste » très agressifs. Mais attention, certains sont autorisés en cosméto bio ! L’ammonium lauryl sulfate (pire que le sodium laureth sulfate niveau agressivité) est présent dans certains shampoings certifiés. Il vaut mieux se tourner vers ceux finissant en « oside » qui sont plus doux (mais plus cher – on a rien sans rien…).

 

Pour le moment, plus aucun ingrédient ne me vient mais je referais probablement un article de ce type. Vu toutes les bêtises qu’on lit…

A très vite !

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Choisir ses cosmétiques #1 : l’huile minérale et les hydrocarbures

Depuis que je travaille dans la vente, je vois énormément de consommatrices soucieuses de leur peau mais qui ne savent pas toujours vers quoi se tourner. Et si on est bienveillante chez nous et qu’on ne conseille pas un lait démaquillant pour une peau grasse (oui, en général on vient nous voir quand on a une peau cracra et qu’on ne sait pas d’où ça vient… souvent de conseils peu avisés d’une enseigne concurrente bien connue), c’est bien d’avoir tout de même une « culture » de base pour décrypter les compositions.

Décrypter les étiquettes se résument à peu près à ça : loupe, incompréhension et interrogations !

Aujourd’hui, nous allons parler huile minérale et hydrocarbures (comme laisse sous entendre le titre de l’article !). Ne vous attendez pas à un simple « c’est caca, beurk beurk beurk », je vais essayer de détailler un peu plus.

Qu’est-ce que c’est ?

Déjà, quand on parle d’hydrocarbure, on n’inclut pas uniquement les huiles minérales. Il existe également des hydrocarbures animales (mais qui ne sont quasiment plus utilisés que tuer des animaux pour étaler un truc sur la tronche, c’est juste pas possible) et végétaux (phytosqualane).

La crème Ultra Facial Kiehl’s contenant du squalane végétal

Les hydrocarbures minérales (appelées huiles minérales couramment) peuvent être inscrites sous le nom suivant dans la liste des ingrédients d’un produit :

  • Petrolatum : vaseline.
  • Parafin : paraffine
  • Huile de paraffine, paraffine liquide :

On en trouve dans un paquet de produits mais surtout dans les baumes à lèvres, crème hydratante et nourrissante pour le visage et le corps, lait démaquillant, huile démaquillante, produit solaire et huile de massage notamment.

Propriétés

Nous voilà au gros souci que pose les huiles minérales et non tous les hydrocarbures.

Si les huiles minérales ont des propriétés intéressantes (augmentent l’étalement, d’où leur présence dans les huiles de massages, inertes chimiquement donc bien tolérées même par les peaux sensibles, utilisées comme nettoyant doux), elles sont aussi décriées pour d’autres « petites » choses.

Les huiles minérales sont occlusives (c’est-à-dire qu’elles laissent un film sur la peau) et donc évitent la déshydratation. Le problème, c’est qu’elles empêchent également la peau de respirer (notamment la parafin qui est très occlusive !). Elles seront donc indiquées en cas de peau sèche (voire très sèche) mais en aucun cas pour des peaux normales à grasses. Et même pour une peau qui manque de gras, il ne faudra pas trop en abuser sinon bonjour les petits boutons de sébum (glamour !).

Pour les baumes à lèvres, où elles sont présentes quasiment tout le temps, elles ne vont pas « réparer » dans le sens où elles ne contiennent pas d’actifs. Elles vont se contenter de créer un film sur la surface de la peau et d’empêcher une plus grande déshydratation tout en laissant la peau se réparer toute seule… sauf que si elle n’y arrive pas, on l’a dans l’os !

On reproche également aux huiles minérales d’être issues… de la pétrochimie (transformation du pétrole, tout ça). Si ce n’est pas dérangeant en soi (elles sont purifiées, tout ça), c’est à la fois perturbant de s’appliquer un truc sur la face qui dérive d’un truc noir et visqueux mais aussi de payer un bras des cosmétiques contenant un « déchet » de l’industrie pétrolière. Ne nous voilons pas la face : les industriels des cosmétiques utilisent les hydrocarbures également parce qu’elles sont très bon marché !

Concernant le squalane, ou phytosqualane, ce sont des hydrocarbures mais utilisés en petite quantité comme actif car très nourrissant… et non comme base de formulation comme les huiles minérales (pas chères du tout donc souvent utilisées dans les produits bons marchés – mais pas que, des grandes marques dont je tairais le nom ici aussi !). Comme le squalane est dérivé du squalène, un composé du sébum humain donc naturellement présent dans la peau, il est extrêmement bien toléré et très peu comédogène. Voilà donc la différence entre hydrocarbure minérale et végétale…

Pour qui, pour quoi ?

Une peau sèche pourra prendre une crème contenant des hydrocarbures minérales sans problème. Mais il faudra que la formulation contienne aussi des actifs : comme réparer une peau à problème sans actifs ?!

Concernant les démaquillants, à moins de vouloir avoir un espèce de film gras bien dégueu sur la peau, je vous les déconseille ! Je sais que certaines personnes adorent ce toucher soyeux après s’être lavées, mais pitié les peaux mixtes/grasses ! Le nettoyant nettoie et n’a pas pour but d’hydrater : la crème le fera déjà !

 

Un baume à lèvre d’une grande marque remplie d’huile minérale…

Pour les baumes à lèvres, je vous donne un avis perso mais fuyez les baumes avec juste de l’huile minérale. Ça répare que dalle, ça rend la bouche poisseuse, beurk !

Pour le reste, vous pouvez y aller. Presque tous les rouges à lèvres (de l’industrie classique, pas bio, je m’entends) en contiennent, les huiles de massage également (souvent associés à des silicones pour diminuer le toucher gras !) mais ce n’est pas dérangeant en soi.

 

 

Si vous souhaitez passer du côté non gras de la force, pour pouvez surveillez les étiquettes : la mention OIL FREE signifie que le produit ne contient pas d’huile minérale (et non pas de corps gras DU TOUT !).

J’espère avoir pu vous renseigner… pour le prochain article, attendez vous à relire les mentions inscrites sur les étiquettes d’une autre manière !

Silicones : interrogations, préjugés et idées reçues

Les silicones sont en ligne de mire depuis un petit bout de temps déjà. Adepte ou non de leur suppression de notre routine, on a toute une idée bien arrêtée la dessus. Mais comment s’y retrouver, quand on est juste amateur ?

Bad reputation

Ingrédient synthétique, les silicones sont souvent réputés pour être comédogènes, étouffantes pour la peau et les cheveux et pas franchement top pour le soin. On voit de plus en plus de filles abandonner totalement les silicones de leur routine cheveux (moi y compris) et voir un effet incroyable au bout de quelques mois : moi y compris. Depuis que mes shampoings sont silicone free, mes cheveux n’ont jamais été aussi doux, brillants et en bonne santé.

Les distinguer au quotidien

En général, on les retrouve dans les crèmes pour le visage, les produits de maquillage (fond de teint, base de teint – énormément !, BB crème, rouge à lèvres), énormément dans les produits pour les cheveux (shampoing, après-shampoing, masque) et dans les huiles sèches.

Une huile sèche qui contient des silicones

Une huile sèche qui contient des silicones

On les reconnaît par la fin de leur nom : -cone (qui vient de silicone) ou -oxane (siloxane). Dans les shampoings par exemple, on retrouvera très souvent du dimethicone et dans les crèmes hydratantes du Cyclohexasiloxane.

Idées reçues ou vérité sur les silicones ?

Les silicones sont utilisées pour plusieurs raisons. Dans les crèmes par exemple, elles donnent un toucher agréable (pas collant), facilite l’étalement, apporte de la douceur… et font baisser le prix ! Le problème, c’est qu’elles ne soignent pas comme une huile pourrait le faire : elles se contentent de faire « barrière », un film contre la déshydratation. Donc quand elles sont en premier dans la liste des ingrédients, il y a des questions à se poser… surtout si votre crème coûte un bras (les huiles de silicones sont bon marché et « remplissent » vite un tube) !

Donc pas de panique si vous avez une peau avec des imperfections et que les silicones sont plus bas dans la liste : aucun risque de boutons ! Pour les fonds de teint, personnellement je n’ai pas de soucis avec alors que ma peau s’encrasse facilement et que la compo est loin d’être clean… Mais tout va dépendre de la qualité de vos silicones : certains sont plus volatiles (cyclomethicone par exemple) donc laissera moins la peau étouffer.

Un produit contre les boutons qui est efficace ET qui contient du cyclohexasiloxane !

Un produit contre les boutons qui est efficace ET qui contient du cyclohexasiloxane !

Les produits corporels sont moins problématiques : les silicones sont là pour que l’étalement soit plus agréable et le toucher moins gras. Pas de panique !

Pour les shampoings, je suis plus mitigée : j’ai carrément viré tout ce qui en contenait, de près ou de loin. Mais attention ! Fuyez aussi les masques contenant de la parrafinum liquidum : ça étouffe aussi le cheveux !

Deux produits pour les cheveux garantis sans silicones !

Alors, je fuis ou non ?

Pour les cheveux, la réponse est oui. Autrement, pour le visage, tout dépendra de la teneur en silicone et du type… Si elles ont mauvaise réputation – et parfois à juste titre – elles n’en sont pas moins un ingrédient dont je ne pourrais pas me passer dans ma routine : elles floutent les imperfections, sont indispensables à la tenue du maquillage (sinon le fond de teint bouche les pores et là, bonjour les boutons !), évitent le toucher gras des huiles,… Bref à ne pas fuir systématiquement : il suffit de se pencher un peu sur la composition pour décider !

Alcool et cosmétiques : la guerre est déclarée !

Depuis que je fais attention aux compositions, je lis toutes les étiquettes. J’évite de me jeter sur n’importe quoi sous prétexte que c’est bio ou une marque géniale. J’ai récemment découvert qu’au final, Alverde n’est de loin pas LA référence en matière de cosméto saine et efficace.

Un tour d'horizon rapide de tous les produits qui contiennent de l'alcool dans ma salle de bain.

Un tour d’horizon rapide de tous les produits qui contiennent de l’alcool dans ma salle de bain.

L’alcool : à proscrire pour toutes les peaux !

Ingrédient qu’on retrouve bien souvent dans les soins traitants pour peaux grasses sous prétexte qu’il purifie… Alors certes, il va purifier la peau pendant environ 2 semaines. Puis la barrière cutanée étant agressée (puisque l’alcool va éliminer le sébum), elle va en produire deux fois plus et bonjour les boutons. Bref, si vous avez une peau à problème, passez du côté « doux » de la force et votre peau vous en remerciera.

Une peau sensible sera encore plus irritée, donc rouge et une peau sèche… a-t-on réellement besoin d’en parler ? Dartres, rougeurs, tiraillements,…

Le pire ennemi des cheveux secs…

Bon, en matière de soin visage, on est souvent plus attentif (enfin, moi en tout cas) et on peut éviter les produits contenant une grosse quantité d’alcool. Mais ce qui m’a choqué, c’est tous les produits capillaires qui en contiennent ! Shampoings, masque pour cheveux secs, soin sans rinçage,… Le plus souvent contenue dans des produits naturels ou bio, cette substance contribue à vous déssecher les cheveux (comme si on avait besoin de ça…). Mais comment savoir si votre shampoing est à garder ou non ?

Savoir lire les étiquettes

L’alcool dont je fais mention est mentionné sous le nom alcohol ou alcohol denat. Le cetyl alcohol par exemple ne rentre pas dans les cas précédents : c’est un alcool gras qui ne desséchera rien du tout, bien au contraire (enfin, vous comprenez où je veux en venir, hein ?).

Alcohol Denat en troisième position : Mauvais point pour ce tonique bio !

Alcohol Denat en troisième position : Mauvais point pour ce tonique bio !

S’il est dans les premières mentions de la liste INCI (la liste des composants), c’est poubelle. En fait, ça veut dire qu’il est en grosse quantité donc méfiance. S’il se trouve plus bas, moins de problème : il est en moins grande quantité.

Mais pourquoi les marques utilisent de l’alcool et où le trouve-t-on en plus grosse quantité ?

Alcohol en deuxième position pour un soin pour cheveux secs: on ne se moquerait pas un peu de nous ?!

Alcohol en deuxième position pour un soin pour cheveux secs: on ne se moquerait pas un peu de nous ?!

En fait, les marques bio sont limités au niveau conservateurs (elles ne peuvent pas utiliser des conservateurs synthétiques, comme les parabens) et l’alcool est une conservateur anti-microbien très bon marché. De même, l’alcool peut être utilisé pour donner un côté frais (à un tonique en brume par exemple) ou pour diminuer le côté gras d’une émulsion (crème solaire). On retrouve donc le composé dans de nombreuses crèmes solaires (ou spray solaire), gel-crème, tonique, déodorant mais aussi dans des shampoings, masques et soins sans rinçage. Méfiance donc !